Depuis le 18 août 2026, un pseudonyme domine l'actualité gaming : Cyberleek. Derrière ce nom se cache une personne, ou un groupe, qui affirme détenir une build jouable de GTA VI et qui a choisi de la diffuser par vagues, tout en habillant sa démarche d'un discours de protestation. Voici ce que l'on sait réellement de lui.
Une apparition soudaine, un accès rare
Cyberleek n'était inconnu de personne avant la mi-août. Le pseudonyme apparaît en même temps que les premières vidéos, sans historique public préalable identifié. Ce qui distingue immédiatement ce leak des habituelles fuites de captures d'écran ou de code source, c'est la nature du contenu : des vidéos où le joueur contrôle activement Jason en temps réel, preuve d'un accès direct à une version fonctionnelle du jeu plutôt qu'à des rushs préenregistrés récupérés quelque part.
La preuve la plus citée reste la vidéo où Cyberleek tire à la carabine dans un mur pour y dessiner les lettres du mot « LEEK ». Un geste impossible à obtenir autrement qu'en jouant réellement, qui a mis fin aux doutes sur l'authenticité des clips.
D'après les analyses des premières vidéos, la build utilisée semble dater d'au moins un an, certains éléments techniques suggérant qu'elle pourrait être encore plus ancienne. Rockstar a donc eu largement le temps de modifier, retirer ou retravailler ce qui apparaît dans les images depuis leur enregistrement.
Un manifeste, des revendications
Cyberleek a publié un texte présenté comme son manifeste, où il justifie ses actes par une critique des pratiques commerciales de l'industrie : ventes de licences présentées comme des achats, jeux incomplets à la sortie, contenu verrouillé facturé en DLC, jeux qui perdent leur accès une fois les serveurs fermés. Les demandes formulées à Rockstar et Take-Two comprennent l'abandon du tout-numérique pour la sortie du jeu, l'arrêt de DLC solo jugés artificiels, et des excuses publiques.
Le discours reprend des critiques largement partagées dans la communauté des joueurs, mais sa crédibilité s'est fragilisée dès que Cyberleek a commencé à faire la promotion d'une cryptomonnaie créée pour l'occasion, incitant ses followers à l'acheter pour voir davantage de contenu fuité. Le mouvement Stop Killing Games, dont les revendications sont proches sur le papier, a pris ses distances publiquement avec cette approche.
Comment le contenu s'est retrouvé en ligne
Cyberleek diffusait principalement via un site web personnel et une chaîne Telegram, tout en s'appuyant sur des serveurs Discord pour la coordination et la diffusion secondaire. Le contenu a également transité par GitHub, la plateforme de développement appartenant à Microsoft. C'est précisément parce que ces services ont capté une partie de l'activité de Cyberleek que Take-Two a pu, par voie judiciaire, exiger d'eux les données d'identification associées aux comptes concernés.
Pour résister aux tentatives de retrait, le site de Cyberleek s'appuyait sur Arweave, un réseau de stockage décentralisé où le contenu est répliqué sur plusieurs nœuds plutôt que concentré sur un serveur unique. Bloquer un point d'accès ne supprimait pas le contenu à sa source, ce qui a permis au leaker de continuer à publier malgré les takedowns répétés, jusqu'à ce que l'ensemble de ses canaux tombe hors ligne après l'intensification de la pression légale.
Un précédent : la fuite de 2022
Cyberleek n'est pas le premier incident de ce type pour Rockstar. En septembre 2022, une intrusion avait permis la diffusion d'environ quatre-vingt-dix clips de développement de GTA VI, un épisode qui avait poussé le studio à durcir ses mesures de sécurité internes, notamment sur le travail à distance. Le retour d'une fuite d'une telle ampleur, des années plus tard et à quelques mois du lancement, montre que ce renforcement n'a pas suffi à écarter le risque.
Ce qu'on ignore encore
L'identité réelle de Cyberleek n'a pas été confirmée publiquement. Un enquêteur indépendant affirme avoir transmis des éléments à Rockstar et Take-Two, sans qu'aucune des deux entreprises ne le confirme. Rien n'indique non plus si Cyberleek agit seul ou en groupe, ni s'il existe un lien avec le second groupe qui affirme, séparément, avoir obtenu du matériel Rockstar par phishing.
Pour comprendre comment Take-Two, Microsoft et Discord ont réagi à ces fuites, retrouve notre article sur la riposte légale engagée contre Cyberleek.




